La surélévation

La surélévation

Forme traditionnelle de croissance de Paris

À Paris, ville entourée d’enceintes successives tout au long de son histoire (de celle de Philippe Auguste à l’actuel périphérique), les terres ont toujours été rares. La surélévation de bâtiments existants a donc constitué l’une de ses formes traditionnelles de croissance. Par exemple, presque tous les bâtiments de lieux emblématiques comme la place Dauphine, sur l’île de la Cité, ou le quai de Bourbon, sur l’île Saint-Louis, sont surélevés. Contrairement à la démolition-reconstruction, pratique courante entre les années 1960 et les années 1980, la surélévation permet de conserver et d’améliorer les bâtiments existants.

Alternative à la croissance extensive des villes

Traditionnellement, les villes européennes se sont développées avec une contrainte commune : la compacité. Bâtir et entretenir ces villes était trop cher pour ne pas profiter des terrains disponibles les plus proches. À partir des années 1950, l’utilisation massive de la voiture et l’important besoin de logements a marqué le début de la « conquête » de territoires plus éloignés ; une multitude de quartiers résidentiels se sont ainsi développés autour des villes anciennes et ce phénomène n’a pas cessé depuis. L’étalement urbain génère un grand gaspillage de ressources: création d’infrastructures et d’équipements, utilisation de terres agricoles, augmentation de la durée des déplacements. Face à ce modèle, la surélévation permet d’accroître la disponibilité de logements dans les villes disposant déjà d’infrastructures et limite ce gaspillage et l’utilisation de nouvelles terres.

La loi ALUR, appui institutionnel de la surélévation

La loi ALUR (2014), qui vise à faciliter l’accès au logement et à limiter l’étalement urbain des villes, a rendu moins strictes sur trois points les conditions de construction de surélévations: 1) Du point de vue urbanistique: la suppression du coefficient d’occupation des sols (COS) permet la construction de logements sur des parcelles qui avaient épuisé leur potentiel 
de constructibilité. 2) Du point de vue fiscal: la vente des droits à construire en surélévation est exonérée d’impôts. 3) Du point de vue juridique: la majorité des deux tiers des votes des copropriétaires 
(article 26 de la loi du 10 juillet 1965) suffit pour autoriser la surélévation; dans les zones où un DPU (droit de préemption urbain) est attribué, la majorité simple suffit.